Composés sur le clavier de l’application Téléphone, certains enchaînements de chiffres et de symboles ouvrent des menus que l’on ne trouve nulle part dans les réglages : état du réseau, numéro de série, renvois d’appel, outils de diagnostic. D’autres, en revanche, effacent l’appareil sans la moindre confirmation. Voici la liste complète des codes qui fonctionnent réellement, ceux qu’il ne faut jamais taper, et ceux qui circulent en ligne sans rien faire du tout.

Accès fonctions smartphones avec codes secrets

L’essentiel

  • Deux familles : les codes MMI, traités par le téléphone lui-même, et les codes USSD, envoyés à l’opérateur.
  • Le plus utile : *#06# pour l’IMEI, et *#*#4636#*#* pour le menu de diagnostic Android.
  • Le plus dangereux : les codes en *2767*, qui déclenchent une réinitialisation immédiate.
  • La règle absolue : ne jamais composer un code trouvé en ligne sans savoir précisément ce qu’il fait.
  • Sur iPhone, la quasi-totalité des codes Android ne fonctionne pas : la liste est beaucoup plus courte.

Codes MMI, codes USSD : quelle différence ?

Les codes MMI (Man-Machine Interface) sont interprétés par le système d’exploitation du téléphone. Ils encadrent le nombre d’étoiles et de dièses, comme *#*#4636#*#*, et ouvrent un menu local. Ils ne passent par aucun réseau et fonctionnent même sans carte SIM.

Les codes USSD, eux, sont transmis à votre opérateur, qui répond par un message à l’écran. Ils commencent généralement par une étoile et se terminent par un dièse, comme *#21#. Ils exigent donc du réseau, et leur comportement dépend de l’opérateur.

Comment les composer correctement

Ouvrez le clavier de l’application Téléphone et saisissez le code caractère par caractère. La plupart s’exécutent seuls, sans qu’il faille appuyer sur la touche d’appel ; les codes USSD, eux, demandent parfois de lancer l’appel.

Attention à un piège récurrent : les astérisques disparaissent souvent lors de la recopie des codes sur les sites et dans les messages. C’est pour cela que l’on voit circuler des variantes tronquées comme ##4636## ou 21 tout seul, qui ne produisent évidemment rien. Si un code ne fonctionne pas, vérifiez d’abord sa syntaxe exacte.

Les codes à connaître, en un tableau

CodeCe qu’il faitCompatibilitéRisque
*#06#Affiche le numéro IMEIAndroid et iPhoneAucun
*#*#4636#*#*Menu de test : réseau, batterie, Wi-FiAndroidAucun en lecture
*#21#État des renvois d’appel inconditionnelsAndroid et iPhoneAucun
**21*numéro#Active le renvoi de tous les appelsAndroid et iPhoneAucun
##21#Désactive le renvoi inconditionnelAndroid et iPhoneAucun
**67*numéro#Renvoi quand la ligne est occupéeAndroid et iPhoneAucun
##002#Annule tous les renvois d’appelAndroid et iPhoneCoupe un renvoi voulu
*#31#Masque votre numéro pour les appels sortantsAndroid et iPhoneAucun
*3001#12345#*Mode Field Test : mesures réseau détailléesiPhoneAucun
*#*#7780#*#*Réinitialise les réglages et supprime les applicationsAndroidPerte de données
*2767*3855#Réinitialisation d’usine complèteCertains SamsungEffacement total immédiat
*2767*2878#Réinitialisation des réglages constructeurCertains SamsungÉlevé

*#06# : afficher son numéro IMEI

Le seul code qui fonctionne sur absolument tous les mobiles, y compris les plus anciens. Il affiche l’IMEI, le numéro de série unique de l’appareil, indispensable pour faire bloquer un téléphone volé auprès de l’opérateur, pour vérifier l’authenticité d’un modèle d’occasion, ou pour une déclaration d’assurance. Notez-le quelque part dès aujourd’hui : après un vol, il est trop tard.

*#*#4636#*#* : le menu de test caché d’Android

C’est le code le plus recherché, et le plus utile. Il ouvre un écran nommé « Test » ou « Informations sur le téléphone », prévu à l’origine pour les techniciens du service après-vente.

La bonne syntaxe : pourquoi ##4636## ne fonctionne pas

Une seule combinaison marche : *#*#4636#*#*, avec une étoile puis un dièse de chaque côté du nombre, et une étoile pour finir. Les variantes ##4636## ou #*#4636#*# que l’on trouve partout viennent d’une perte d’astérisques à la recopie. Saisissez dans l’ordre : étoile, dièse, étoile, dièse, 4636, dièse, étoile, dièse, étoile.

Ce que contient le menu

RubriqueCe qu’elle afficheToujours présente ?
Informations sur le téléphoneType de réseau, puissance du signal en dBm, IMEI, état de la SIM, réseau préféréOui, presque partout
Informations sur la batterieTempérature, tension, état de santéNon, retirée depuis Android 9 sur beaucoup de modèles
Statistiques d’utilisationTemps et fréquence d’usage des applicationsVariable selon le constructeur
Informations Wi-FiAdresse IP, canal, débit, points d’accèsSouvent présente

La valeur en dBm est plus fiable que les barres de réseau : au-dessus de −85 dBm le signal est bon, entre −85 et −100 dBm il est moyen, en dessous de −110 dBm les coupures deviennent normales. C’est l’outil idéal pour comprendre une mauvaise réception, ou pour repérer une application qui vide la batterie.

La seule précaution à prendre

Ce menu n’efface rien, mais il contient un sélecteur de type de réseau. Forcer la 2G ou la 3G peut faire perdre la data et les appels en haute définition, et le réglage survit au redémarrage. Servez-vous de cet écran pour observer, pas pour expérimenter. En cas d’erreur, revenez dans la même rubrique et choisissez l’option la plus complète, généralement « LTE/GSM/CDMA auto ».

Le menu ne s’ouvre pas : pourquoi ?

Trois causes couvrent presque tous les cas : la syntaxe incomplète, le code saisi ailleurs que dans le clavier de l’application Téléphone, et surtout le blocage par le constructeur. Samsung, Huawei et certaines versions de Xiaomi désactivent ce menu dans leur surcouche. Les Android proches de la version d’origine, comme les Pixel, laissent le plus de liberté. Sur un Galaxy récent, *#0011# donne accès à un écran d’informations réseau équivalent.

Les codes de renvoi d’appel

C’est la famille la plus utile au quotidien, et la plus mal comprise. Un renvoi d’appel se configure entièrement au clavier, sans passer par les réglages ni par l’espace client de l’opérateur.

ObjectifCode à composerEffet
Renvoyer tous les appels**21*numéro#Renvoi inconditionnel : le téléphone ne sonne plus
Renvoyer si la ligne est occupée**67*numéro#Renvoi seulement quand vous êtes déjà en ligne
Renvoyer sans réponse**61*numéro#Après quelques sonneries
Renvoyer si injoignable**62*numéro#Hors réseau, éteint ou en mode avion
Vérifier un renvoi actif*#21# ou *#67#Affiche l’état sans rien modifier
Désactiver un renvoi précis##21# ou ##67#Annule la règle correspondante
Tout désactiver d’un coup##002#Supprime l’ensemble des renvois

Le numéro se saisit sans espace, au format national ou international. Le renvoi vers la messagerie vocale fonctionne de la même façon, en indiquant le numéro de messagerie de votre opérateur. Attention : selon le forfait, les appels renvoyés peuvent être facturés comme des appels émis depuis votre ligne. Vérifiez ce point avant d’activer un renvoi permanent.

Dans quels cas s’en servir

  • Renvoi sur occupation (**67*) : ne jamais rater un appel professionnel pendant une conversation.
  • Renvoi inconditionnel (**21*) : pendant un congé, vers un collègue ou une seconde ligne.
  • Renvoi si injoignable (**62*) : utile en zone mal couverte ou à l’étranger.
  • ##002# : le réflexe à avoir quand vos appels arrivent chez quelqu’un d’autre sans que vous compreniez pourquoi.

Ces codes sont standardisés et fonctionnent chez tous les opérateurs français. Quelques forfaits bloquent le renvoi vers les numéros surtaxés ou vers l’étranger, ce qui se traduit par un message d’erreur immédiat.

Le mythe du code qui révèle un espionnage

On lit régulièrement que composer *#21# permettrait de savoir si votre téléphone est espionné, et que le chiffre 21 serait un code secret à lui seul. C’est faux sur les deux points.

Le code *#21# affiche uniquement l’état des renvois d’appel configurés sur votre ligne. Un message indiquant qu’aucun renvoi n’est actif est le résultat normal, et ne dit rien de la présence d’un logiciel espion. À l’inverse, un renvoi actif signifie le plus souvent que vous, ou un conseiller, l’avez configuré un jour, vers la messagerie vocale par exemple.

Quant au « 21 » composé seul, il ne se passe rien : ce n’est pas un code, simplement le début d’une combinaison amputée de ses symboles. En cas de doute réel sur une surveillance, la bonne démarche consiste à vérifier les autorisations accordées aux applications et la présence d’applications inconnues. Notre guide pour rendre son smartphone impossible à suivre détaille la marche à suivre.

Les codes à ne jamais composer

Certains codes de service ne demandent aucune confirmation. Ils s’exécutent à la seconde où le dernier caractère est saisi, et il n’existe aucun moyen de les annuler. Ce sont les seuls codes réellement dangereux.

*2767*3855# : la réinitialisation totale

Réservé à l’origine au service après-vente de Samsung, il déclenche une remise à zéro complète de l’appareil : données, applications, comptes, tout disparaît, et le téléphone redémarre comme sorti d’usine. Aucune fenêtre de confirmation, aucune sauvegarde préalable.

*2767*2878# : la réinitialisation des réglages

Souvent présenté comme une variante « douce », il ne l’est pas vraiment. Il réinitialise la configuration constructeur de l’appareil et peut, selon les modèles, effacer une partie des données utilisateur. Beaucoup de pages le recommandent pour « corriger les bugs » : c’est un très mauvais conseil, car un simple redémarrage ou une réinitialisation des paramètres réseau depuis les réglages règle les mêmes problèmes sans risque.

*#*#7780#*#* : l’effacement des données

Il supprime les applications installées et les données utilisateur, en conservant le système et le contenu de la carte mémoire. Moins radical que le précédent, mais tout aussi définitif pour ce qui est effacé.

La règle est simple : tout code commençant par *2767* ou contenant 7780 touche à l’intégrité de l’appareil. Si vous voulez réellement réinitialiser un téléphone, passez par Paramètres > Système > Réinitialisation : le parcours prévoit des confirmations et vous propose une sauvegarde. Et sachez qu’après une réinitialisation, Android réclamera le compte Google d’origine pour se réactiver.

Les codes qui circulent mais ne font rien

Une bonne partie des « codes secrets » partagés en ligne n’a aucun effet sur un téléphone récent. C’est le cas du fameux 2470, présenté comme un code de test caché, ou du 9090, censé ouvrir un menu de diagnostic universel.

L’explication est presque toujours la même : il s’agit d’anciens codes de service constructeur, valables sur quelques modèles Samsung d’il y a une dizaine d’années, recopiés depuis sans vérification. Sur un appareil actuel, taper ces chiffres n’ouvre rien du tout. Ce n’est pas une panne, et il n’y a rien à réparer.

Trois indices permettent de repérer un faux code : il est présenté sans étoile ni dièse, aucune source officielle ne le mentionne, et la page qui le partage promet un résultat spectaculaire — débloquer un réseau, doubler la vitesse, révéler un espionnage. Aucun code ne fait cela.

Et sur iPhone ?

iOS n’expose presque aucun menu caché : les codes MMI d’Android n’y produisent rien. La liste utile tient en quelques lignes.

CodeCe qu’il fait
*#06#Affiche l’IMEI, comme sur Android
*3001#12345#*Ouvre le mode Field Test : mesures de signal détaillées, cellules voisines. Composez puis lancez l’appel
*#31#Masque durablement votre numéro pour les appels sortants
#31#numéroMasque le numéro pour un seul appel
*#5005*7672#Affiche le numéro du centre de messagerie SMS de l’opérateur
*#21#État des renvois d’appel, identique à Android

Le contenu du mode Field Test change à chaque version majeure d’iOS : ne vous étonnez pas de ne pas retrouver les mêmes écrans d’une année sur l’autre.

Pourquoi un code ne fonctionne pas chez vous

  • La syntaxe : première cause, de très loin. Vérifiez chaque étoile et chaque dièse.
  • Le constructeur : les surcouches Samsung, Huawei ou Xiaomi bloquent une partie des menus de test.
  • La version d’Android : Google a retiré plusieurs rubriques au fil des versions.
  • L’opérateur : les codes USSD dépendent du réseau, et certains sont désactivés sur les forfaits sans option.
  • L’endroit de saisie : le code doit être tapé dans le clavier de l’application Téléphone, pas dans une barre de recherche.
  • L’absence de réseau : les codes USSD ne fonctionnent ni en mode avion, ni sans carte SIM.

Questions fréquentes

Les codes secrets sont-ils dangereux ?

La grande majorité se contente d’afficher des informations et ne présente aucun risque. Le danger vient d’une poignée de codes de réinitialisation, listés plus haut, qui s’exécutent sans confirmation. Ne composez jamais un code dont vous ignorez la fonction exacte.

Un code peut-il débloquer un téléphone verrouillé ?

Non. Aucun code MMI ou USSD ne retire un code de verrouillage d’écran, et aucun ne déverrouille un téléphone bloqué sur un opérateur. Les pages qui l’affirment renvoient vers des logiciels payants. Pour un code d’écran oublié, il faut passer par les méthodes officielles de déverrouillage.

Pourquoi les codes affichés sur les sites ne fonctionnent-ils pas ?

Parce que les astérisques disparaissent très souvent à la mise en page. Un code amputé de ses symboles ne déclenche rien. C’est l’explication de la quasi-totalité des « codes qui ne marchent pas ».

Faut-il appuyer sur la touche d’appel après avoir saisi le code ?

Cela dépend du type. Les codes MMI, comme *#*#4636#*#*, s’exécutent seuls dès le dernier caractère. Les codes USSD, comme *#21#, demandent parfois de lancer l’appel pour interroger le réseau.

Ces codes fonctionnent-ils sans carte SIM ?

Les codes MMI, oui, puisqu’ils sont traités par le téléphone. Les codes USSD, non : ils ont besoin du réseau de l’opérateur.

Comment savoir si un renvoi d’appel est actif sur ma ligne ?

Composez *#21# pour le renvoi inconditionnel, puis *#67# et *#62# pour les renvois conditionnels. En cas de doute, ##002# remet tout à zéro.

Retenez donc l’essentiel : trois codes suffisent au quotidien — *#06# pour l’IMEI, *#*#4636#*#* pour diagnostiquer le réseau et la batterie sur Android, et ##002# pour reprendre la main sur les renvois d’appel. Tout le reste est soit spécifique à un modèle, soit inoffensif, soit à éviter absolument.